Messages pastoraux

Messages de Noël

Réflexions sur le carême aujourd'hui

Message de Pâques


Divers Homélie pour le Dimanche de l'Orthodoxie - 8 mars 2020
                
Message pastoral du 17 mars 2020
Frères et Sœurs ,
Les épidémies font partie du l'histoire de l'humanité, de la condition humaine, au même titre que les guerres, la haine et les rivalités pour faire écho au livre de l’Ecclésiaste (III-8), « il y a un temps pour la paix un temps pour la guerre, un temps pour l'amour un temps pour la haine…. » Elles ont cette particularité d'apparaître de manière aussi subite qu'inattendue ce qui contribue très largement au développement rapide des peurs et des angoisses car elles nous rappellent brusquement qu'en fin de compte nous ne sommes pas les « maîtres » de notre vie. Celle qui frappe actuellement est particulièrement symptomatique à cet égard.

Elles viennent nous bousculer dans notre confort, notre routine, nos habitudes, nos certitudes et ainsi nous mettent à l'épreuve. Elles viennent nous rappeler que malgré nos actions dans le monde, le monde ne nous appartient pas.

Elles rappellent, comme d’autres cataclysmes que «cette nuit même notre vie peut nous être redemandée » (LucXII-20).  Et pour ce qui nous concerne c'est peut-être une bénédiction que ce rappel soit est lancé en ce temps de Carême. Aussi, frères et sœurs, ne nous laissons en aucun cas décourager. Et avec Saint Ephrem prions : « Seigneur et Maître de ma vie, éloigne de moi l’esprit….d’abattement… » car « mon espoir c’est le Seigneur » (Ps71-5)

Il est vrai que dans le contexte spécifique de cette épidémie dans notre pays, ainsi que chez nos voisins, nous sommes placés dans une situation d’épreuve particulière car nous ne pouvons pas célébrer la divine liturgie et ne pouvons donc pas communier. Il s’agit là d'une question délicate susceptible de semer le trouble au sein même de nos communautés. Il est vrai que la quasi-totalité des primats de l'église orthodoxe n’ont pas suspendu dans leurs pays respectifs la possibilité de célébrer la divine liturgie en rappelant que la communion eucharistique constitue le cœur même de l’Eglise qui « représente pour l'humanité entière les espaces de guérison, étant toujours un hôpital spirituel et incontestable, et non pas un lieu de contamination ». Mais nous ne pouvons manifestement pas enfreindre la directive de nos gouvernants. Je proposerai de nous recueillir dans nos foyers respectifs au même moment les samedi et dimanche de la Croix autour de textes que je vous ferai parvenir.
Et en cette attente je vous propose en même temps que la
prière de St Ephrem (ci-contre), la prière ci-dessous :

Seigneur, notre Dieu, Qui es riche en miséricorde et Qui avec diligente sagesse guides notre vie, écoute notre prière, reçois notre repentir pour nos péchés, mets un terme à la nouvelle maladie contagieuse (la nouvelle épidémie), tout comme Tu as mis un terme au châtiment de Ton peuple au temps du roi David. Toi qui es le médecin de nos âmes et de nos corps, accorde la santé à ceux qui sont atteints de la maladie, en les faisant promptement se lever de leur lit de douleur, pour qu’ils puissent Te glorifier, Toi le sauveur miséricordieux, et préserve de toute maladie ceux qui sont en bonne santé. Bénis, fortifie et garde, Seigneur, par Ta grâce, tous ceux qui, avec amour pour les hommes et esprit de sacrifice, soignent les malades dans leurs maisons ou dans les hôpitaux. Éloigne toute maladie et souffrance de Ton peuple et apprends-nous à apprécier la vie et la santé comme des dons qui viennent de Toi. Accorde-nous, Seigneur, Ta paix et remplis nos cœurs d’une foi inébranlable dans Ta protection, d’espérance en Ton aide et d’amour pour Toi et pour notre prochain. Car c’est à Toi qu’il appartient de nous faire miséricorde et de nous sauver, ô notre Dieu, et nous Te rendons gloire : Père, Fils et Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

p.Jean

Message pastoral du 24 mars 2020

Frères et Soeurs,

La première semaine de confinement est passée. nous avons été bousculés par la soudaineté ; nous entrons maintenant dans un temps plus ou moins long de confinement renforcé  qui va se traduire pour beaucoup par des situations de solitude . Celle-ci, à de rares exceptions, constitue une épreuve qui peut être une épreuve de vérité, de rappel de notre condition la plus profonde : nous sommes des êtres de communion. Sans doute nous apprécions des instants de solitude, de recueillement, qui sont certes de plus en plus souvent bienvenus et nécessaires dans ce monde de sur-activité, profondément agité en définitive, et à ce titre « désintégrant ». Un monde de « sans visage », le monde de « Mr Market » comme certains l’ont appelé, le monde de Mammon coupé de l’image de Dieu, « l’homme animalisé, robotisé, réduit à sa dimension biologique et mécanique, l’individu génétique, dépersonnalisé, mais qui tente de prendre la tête de l’humanité »[1].
L’être humain, créé à l’image de Dieu, est une personne, un être de communion, tourné vers l’autre. L’épreuve d’aujourd’hui révèle le mal être
résultant du confinement qui impose l’isolement de chacun. Dans le même temps elle suscite, à la faveur des moyens de communication modernes, l’établissement, parfois le rétablissement des liens de voisinage, fraternels, familiaux qui ont pu être distendus par le fonctionnement sociétal foncièrement individualiste.  Aujourd’hui, les manifestations de solidarité fraternelle, le dévouement, sont saisissants. Ce mouvement rappelle s’il en faut qu’ultimement nous ne pouvons pas (sur)vivre sans l’autre, nous ne sommes pas « sauvés » sans l’autre. 
La lecture spirituelle de cette tribulation majeure a déjà été largement développée et le sera encore assurément.[2]
Une autre dimension de l’évènement paraît très symptomatique : la nature du mal provoqué par le virus : une double paralysie. La paralysie de la rencontre de visage à visage ; la paralysie respiratoire.
Le masque sépare. Les poumons sont asphyxiés, ne laissant plus passer l’oxygène vital, le souffle de vie.

Ces quelques éléments nous suggèrent de rappeler que la prière de l’Eglise (Assemblée) est fondamentalement une prière communautaire – liturgique
qui elle aussi, ou plutôt en premier lieu, nous rappelle que nous ne sauvons pas seuls.

Ainsi les prières, dites « initiales » par les quelles nous commençons les offices, et que nous sommes supposés prononcer quotidiennement sont toutes des prières communautaires :
Roi céleste, consolateur…….demeure en nous….purifie nous de toute souillure et sauve nos âmes….
(Rappelons que l’invocation de l’Esprit Saint revêt une importance toute particulière, car il s’agit précisément du Saint Souffledonateur de vie, la véritable antidote à l’asphyxie….)
Très Sainte Trinité aie pitié de nous, Seigneur purifie nous, Maître pardonne nous nos offenses, comme nous pardonnons (ensemble)
La seule prière que nous a transmis le Seigneur est une prière communautaire qui fonde toutes les autres : Notre Père, donne-Nous aujourd’hui……, pardonne Nous….,ne Nous soumets pas……mais délivre Nous.

Kyrie eleison – Seigneur aie pitié – peut-être à la fois personnelle (aie pitié de moi) et communautaire (aie pitié de nous). Le Mont Athos suggère en ce moment de prier à la même heure (22h) : Seigneur aie pitié de ton peuple.

Ainsi Frères et Sœurs, prions le Saint Souffle pour qu’il demeure en nous tous,
qu’il nous donne toujours la vie ; et c’est par Lui que nous communions au Fils,
que nous prions comme Maître de MA vie ; mais cette prière personnelle, et non individuelle nous place en relation avec l’autre, pour que nous soit épargné l’esprit de domination, et de vaines paroles, de jugement du frère.
Mais que nous soit accordé un esprit d’intégrité (qui s’oppose à la désintégration), d’humilité de patience et d’amour .

SEIGNEUR JESUS CHRIST FILS DE DIEU AIE PITIE DE MOI PECHEUR
SEIGNEUR JESUS CHRIST FILS DE DIEU AIE PITIE DE NOUS PECHEURS

p.Jean

[1] L’HOMME – Eléments d’anthropologie chrétienne – collectif -éd.APOSTOLIA-2019

[2] Notons en particulier Archiprêtre Vladimir Zemlinsky : « La quarantaine, quel ses tirons-nous de cette épreuve »  in Orthodoxie.com ; Archimandrite Syméon : « Oui, nous sommes dans le desert » in site « archeveche.com »

 *  Пастырское слово от 24го марта 2020 


БРАТЬЯ И СЕСТРЫ,

Первая неделя «cдерживания» прошла. Были ошаламлены внезапностью; теперь вступаем в более или менее длительный период усиленного заключения, что приведет ко многим ситуациям одиночества. Это, за редкими исключениями, представляет собой испытание, которое может быть испытанием истины, напоминания о нашей истиной природе: мы существа общения. Без сомнения, мы ценим моменты уединения, медитации, которые, безусловно, все чаще и чаще приветствуются и необходимы в этом мире чрезмерной активности, глубоко взволнованными в конце концов и как таковые «распадающимися». Мир "безликих", мир "Мистера Маркет", как его называют некоторые, мир Маммона, отрезанный от образа Бога, "оживленного робота-человека, сведенного к его биологическому и механическому измерению, генетический индивид, обезличенный, но пытающийся охватить власть над всем человечеством ».

Человеческое существо, созданное по образу Божьему, - это личность общения, обращенная к другому. Сегодняшние испытания проявляют больное состояние, которое навязывает одиночество. В то же время, благодаря современным средствам коммуникации, оно порождает установление, а иногда и восстановление соседских, братских, семейных связей, которые, возможно, были подорваны сугубо индивидуалистическим общественным функционированием. Сегодня поразительны выражения братской солидарности, преданности. Эти прявления напоминает нам о том, что в конечном итоге мы не можем (вы) жить без других, мы не «спасены» без других. Духовное прочтение этого великого бедствия уже широко было развито и, несомненно, будут ещё толкования. Другое измерение события кажется очень симптоматичным: характер вреда, причиняемого вирусом: двойной паралич. Паралич личных общений; дыхательный паралич.

Маска разлучает; лёгкие задыхаются, не пропуская больше жизненный кислород, дыхание жизни. Вновь напоминается нам, что мы не спасаемся в одиночестве. Таким образом, молитвы, называемые «предначинательные», с которых мы начинаем богослужения, и которые предпалагается нам ежедневно произносить, -  все общинные молитвы:  Царю Небесный, утешитель… жизни подателю...вселися в ны (Нас) .... очисти ны (нас).... и спаси души наша .... (Помните, что призыв Святого Духа имеет особое значение, потому что именно Святой Дух, дающий жизнь, истинное противоядие от удушье….)

Пресвятая Троица помилуй нас,  Господи очисти грехи наша, Владыка прости беззакония наша ,     исцели немощи наша...

Единственная молитва, которую Господь передал нам, -  общинная молитва, которая основывает все остальные: «Отче Наш , ......дай нам днесь ……, остави нам долги наша....не введи нас..., избави нас».

Kyrie eleison - Господь помилуй - может быть, как личное (помилуй меня), так и обшинное (помилуй нас). В настоящее время монахи горы Афонской предлагают одновременно молиться (в 10 часов вечера): Господи, помилуй свой народ. ;

Братья и Сёстры молим Святаго Духа ибо именно через Него мы общаемся с Сыном, а Сыну обращаемся : « Господи и владыка жизни моей»; тут молимся за себя но не индивидуальная молитва, а ставит нас по отношению к другим; и просим  «дух ...любоначалия, празднословия и осуждения брата не даждь ми..., Но  будет  дан дух целостности (который выступает против распада), смирения, терпения и любви.

ГОСПОДИ ИИСУСЕ ХРИСТЕ БОЖЕ НАШ, ПОМИЛУЙ МЯ ГРЕШНОГО
ГОСПОДИ ИИСУСЕ ХРИСТЕ БОЖЕ НАШ, ПОМИЛУЙ НАС ГРЕШНЫХ

 О.Иоанн