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La cinquantaine pascale dans l’Eglise orthodoxe

Une seule et même fête de lumière

(suite)

 

Le tombeau vide, chambre nuptiale des noces spirituelles

15 jours après Pâques, l’Eglise orthodoxe revient sur la révélation initiale de la Résurrection faite aux femmes porteuses d’aromates devant le tombeau. Ce sont elles, les vierges sages porteuses de l’huile de l’onction. La Résurrection est un mystère invisible, dont la seule preuve est un tombeau vide, qui comble de joie ! Jean entre dans la tombe, « il vit et il crut ! ». Nous sommes loin des images fantaisistes du Christ se levant dans les airs avec des éclairs.

 

Renaître d’eau et d’esprit

Les 3 évangiles dominicaux des 4ème, 5ème et 6ème dimanches de Pâques ne sont pas choisis au hasard par l’Eglise orthodoxe. Ils forment un véritable itinéraire mystagogique, profondément enraciné dans la tradition baptismale de l’Église ancienne. Trois évangiles majeurs structurent cette progression : celui du Paralytique, de la Samaritaine et de l’Aveugle-né. Tous sont traversés par le symbolisme de l’eau vive appelée à devenir source de l’Esprit.

Ils dessinent également notre itinéraire spirituel : être guéri, désaltéré, et illuminé.

  • Le Paralytique (Jean 5) : l’homme impuissant est relevé par le Christ. La guérison ne vient plus d’une eau agitée, mais de la parole vivifiante.

  • La Samaritaine (Jean 4) : Jésus promet une eau vive, source intérieure qui désaltère pour toujours, image de l’Esprit. « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ».

  • L’Aveugle-né (Jean 9) : lavé à Siloé, il reçoit la vue. L’eau devient illumination, symbole du baptême.

 

Vers l’Ascension et la Pentecôte

La fête de l’Ascension, quarante jours après Pâques, marque une étape décisive. Le Christ monte au ciel avec son corps ressuscité, non pour s’éloigner, mais pour introduire l’humanité dans la gloire divine. Il ouvre un espace nouveau : celui de la communion entre le ciel et la terre.

Mais cette montée appelle une descente : celle de l’Esprit à la Pentecôte. Les dix jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte sont une attente intense, une prière de l’Église rassemblée, à l’image des apôtres au Cénacle.

La Pentecôte n’est pas une fête isolée : elle est l’aboutissement de toute la période pascale. L’eau vive promise devient feu de l’Esprit, force de témoignage, naissance de l’Église.

 

Une joie pascale sans déclin

Toute cette période est marquée par une joie profonde, qui anticipe déjà le Royaume.

La grande cinquantaine pascale est un itinéraire de vie : partir du tombeau vide, traverser les eaux de la guérison, de la soif comblée et de la lumière retrouvée, pour parvenir au don de l’Esprit.

Dans ce chemin, l’eau devient symbole de régénération, et l’Esprit en est l’accomplissement. La Résurrection n’est pas seulement proclamée : elle est vécue, expérimentée, intériorisée.

Et l’Église, dans sa sagesse liturgique, nous apprend que Pâques n’est pas un jour : c’est une vie nouvelle qui commence et ne finit pas.

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